15 mai 2026

Si je t'écris...

Vincent Zabus & Denis Bodart • Dupuis, 2026

⭐⭐⭐⭐☆
Atmosphérique. Mélancolique. Poétique.

Une bande dessinée qui révèle toute sa richesse après la lecture. Derrière une histoire d'enfance teintée de fantastique, Vincent Zabus et Denis Bodart explorent avec beaucoup de délicatesse la mémoire, le deuil et les traces que le passé laisse en chacun de nous. Une œuvre dont l'émotion agit lentement mais durablement.

Ma rencontre avec Si je t’écris...

Si je t’écris... m'a laissé une impression assez étrange : je n'ai pas été totalement convaincue pendant la lecture… et pourtant la BD est restée avec moi plusieurs heures après, au point de la relire dès le lendemain matin et d'y revenir encore une troisième fois en la feuilletant.

Le dessin de Bodart joue énormément dans cette sensation. Le trait a quelque chose du croquis vivant, presque du carnet de souvenirs colorisé, avec une très belle gestion des couleurs. Cela crée une vraie projection dans l'enfance, dans les sensations plus que dans le réalisme. Certaines planches dégagent une douceur mélancolique très réussie.

J'ai été moins touchée par le début du récit et par la représentation de la famille d'Antoine, que j'ai trouvée un peu caricaturale par moments, presque « famille modèle » de façade, là où le reste de la BD paraît plus subtil émotionnellement. Même chose pour certaines répliques de sa femme qui m'ont semblé un peu forcées.

Je m'attendais aussi à une histoire beaucoup plus centrée sur la sorcière, alors qu'elle sert finalement davantage de point de bascule symbolique que de véritable sujet. Et c'est sans doute ce qui fait la force discrète du livre : derrière le fantastique, il est surtout question de mémoire, d'enfance, de ce qu'on emporte avec soi en grandissant, et d'une forme de réconciliation intérieure.

Ce n'est pas une BD qui m'a bouleversée immédiatement, mais une lecture sensible et atmosphérique qui continue à travailler doucement après coup.

Attends-moi

Jean-Philippe Peyraud & Corbeyran • Delcourt, 2024

⭐⭐⭐☆☆
Sensible. Humaniste. Mélancolique.

 
Une bande dessinée délicate qui aborde avec finesse le deuil, la solitude et le lâcher-prise. Portée par un dessin superbe et un récit tout en retenue, elle touche davantage sur le moment qu'elle ne s'ancre durablement dans la mémoire du lecteur.

Ma rencontre avec Attends-moi

Attends-moi aborde avec beaucoup de finesse plusieurs thèmes très contemporains : le deuil, la solitude, la catastrophe nucléaire, la vieillesse, les secondes chances, ou encore le lâcher-prise. J'ai trouvé le scénario plutôt beau et bien construit, notamment dans sa manière d'éviter les facilités émotionnelles. La question du chien perdu est particulièrement réussie : le récit ne cherche pas à “réparer” artificiellement le manque, mais à accepter que les êtres continuent parfois leur route ailleurs. La fin, autour du lâcher-prise, est sobre et touchante.

J'ai aussi apprécié la fluidité de lecture et le soin apporté aux ambiances. le dessin est objectivement très beau, avec un vrai sens du cadrage, des lumières et des atmosphères.

Mais paradoxalement, malgré le plaisir pris pendant la lecture, la BD m'a laissé moins de traces une fois refermée. Là où certaines oeuvres continuent à vivre dans mon imaginaire, ici j'ai eu davantage l'impression d'avoir “vu” une histoire que d'avoir réellement habité un monde.

Je comprends après coup que cela vient peut-être du style graphique lui-même : très travaillé, très cinématographique, parfois presque proche de la photographie colorisée dans son rendu. C'est superbe visuellement, mais cela laisse moins de place à la projection intérieure et à l'imaginaire du lecteur.

Une lecture sensible, intelligente et agréable, mais qui m'a davantage touchée sur le moment qu'en profondeur durable.

20 mars 2026

Les jardins Divari

Carole Briard & Lucas • Des Ronds dans l'O

★★½☆☆
Poétique. Foisonnant. Déséquilibré.

Un album visuellement splendide dont l'univers foisonnant séduit immédiatement. Malgré la beauté des illustrations et la délicatesse du propos, le lien entre texte et image peine parfois à s'imposer, laissant une impression d'harmonie incomplète.

Ma rencontre avec Les Jardins d'Avari

Le dessin des Jardins Divari est absolument magnifique. Un univers foisonnant, poétique, porté par des couleurs riches et vibrantes qui créent une véritable atmosphère. S'il impressionne par sa richesse, il s'inscrit aussi dans une esthétique déjà bien connue de l'album illustré contemporain. Mais quelque chose ne fonctionne pas complètement entre le texte et limage.

Le dessin semble parfois exister pour lui-même, sans être réellement au service du récit, et le texte, de son côté, n'exploite pas pleinement la richesse visuelle proposée. L'idée de Ludwig, sourd, qui découvre les instruments par le toucher et la vibration est très belle, mais elle reste un peu plate narrativement. On comprend le message écouter avec le coeur sans toujours le ressentir.

Cela dit, l'album reste un très bel objet, porté par une esthétique forte et une intention sensible, même si lensemble aurait gagné à être plus étroitement tissé entre texte et image.

19 mars 2026

Je suis leur silence

Jordi Lafebre • Dargaud, 2023

★★★½☆
Lumineux. Humaniste. Vivant.

Un récit porté par une énergie communicative et une profonde tendresse pour ses personnages. Derrière sa légèreté apparente, Jordi Lafebre explore avec finesse l'identité, la fragilité et cette liberté qui permet parfois de se réinventer.

Ma rencontre avec Je suis leur silence

À ma première lecture en 2023, j'avais surtout remarqué la fraîcheur. Cette fois, j'ai vraiment été touchée.

Le dessin de Jordi Lafebre est d'une vitalité incroyable : tout bouge, tout respire, les expressions, les corps, les regards. C'est hyper vivant sans jamais en faire trop.

J'aime beaucoup cette douceur légère qui touche pourtant à des choses plus complexes : la fragilité, l'identité, le désir, la liberté ou encore le sentiment de décalage.

Un album très fluide, très humain, qui fait du bien.

Quelqu'un a qui parler

Grégory Panaccione d'après Cyril Massarotto • Le Lombard, 2021

★★★⯪☆
Touchant. Humaniste. Libérateur.

Une bande dessinée chaleureuse et profondément humaine sur les regrets, les choix de vie et l'enfant que nous portons toujours en nous. Une lecture sensible qui invite à regarder son parcours avec davantage de tendresse.

Ma rencontre avec Quelqu'un à qui parler

Juste après la lecture de Je suis leur silence, le dessin de Quelqu'un à qui parler m'a d'abord un peu déroutée : le style est plus simple, moins virtuose. Ce nest pas un dessin spectaculaire, mais il reste très expressif et sert bien le rythme du récit, avec parfois de très belles planches ouvertes - certaines vues urbaines ou scènes dans la nature apportent une vraie respiration visuelle.

Très vite, on est embarqué. Il y a quelque chose de très crédible, de très humain, très contemporain aussi dans ce personnage de 35 ans un peu seul, un peu figé, qui regarde sa vie avec ses ratés ordinaires.

Et le regard de lenfant change tout : il remet du mouvement, de la tendresse, une forme de liberté. Une BD qui donne envie de se reconnecter à son enfant intérieur et de desserrer quelques chaînes.

13 févr. 2026

La Route

Manu Larcenet • Dargaud, 2024
Adaptation du roman de Cormac McCarthy

⭐⭐⭐⭐☆
Intense. Aride. Marquante.

Couverture de La Route, de Manu Larcenet
La Route impressionne par son endurance graphique et son atmosphère radicale. Un monde désolé, un suspense constant et une relation père-fils qui sert de cadre dans un univers sans repères. Une lecture intense, exigeante, peu aimable mais profondément marquante.

Analyse après lecture

Œuvre intense, dense et profondément désolante, La Route impressionne avant tout par l'endurance graphique qu'elle exige. Dessiner autant de pages de paysages vides, brûlés, presque sans matière, relève d'un geste radical, presque sacrificiel. Rien que pour cela, le travail de Larcenet force le respect.

L'ambiance est remarquable. On ressent un monde vidé de ses repères, où la survie n'a rien d'héroïque. Le récit entretient un véritable suspense, à la fois sur ce qui est arrivé au monde et sur ce qui pourrait encore advenir, mais aussi sur la transmission, la confiance et la survie morale.

On sent que le père et le fils cherchent à préserver quelque chose : une ligne invisible, une forme d'humanité. Le lecteur a le sentiment qu'ils ne franchiront jamais certaines limites tout en pressentant qu'un renversement reste toujours possible.

Les dialogues sont volontairement simples, parfois maladroits, très répétitifs. Et pourtant, cette répétition finit par s'ancrer. Elle dit quelque chose de très juste de la relation entre le père et le fils : une confiance presque aveugle, fragile, devenue le seul socle possible dans un monde effondré. C'est sans doute là que le récit est le plus touchant.

La fin laisse en suspens des choix lourds de sens. Malgré les injonctions du père à ne pas prendre de risques, l'enfant est contraint d'en prendre un. Rien n'est résolu, ni rassurant, ni désespéré. Simplement ouvert.

Je ne dirais pas que je n'ai pas pris de plaisir à cette lecture. La Route marque durablement. Mais c'est une œuvre exigeante, aride, qui ne cherche ni à consoler ni à séduire. Quant à savoir si j'aurai envie de la relire un jour, je ne saurais pas encore le dire. C'est peut-être le genre de lecture qui demande du temps pour décanter.

Nettoyage à sec

Joris Mertens • Rue de Sèvres, 2019

⭐⭐⭐⭐☆
Nocturne. Mélancolique. Cinématographique.

Une déambulation urbaine lente et contemplative portée par une atmosphère remarquable. Plus qu'une histoire, Nettoyage à sec propose une expérience sensorielle où la nuit, la pluie et la solitude deviennent les véritables personnages du récit.

Ma rencontre avec Nettoyage à sec

Nettoyage à sec ne raconte pas vraiment une histoire : on accompagne un homme dans une ville nocturne et pluvieuse, entre silences, gestes répétés et solitude.

L'auteur flamand Joris Mertens revendique une inspiration du film noir français des années 70, notamment Le Cercle Rouge, et cela se ressent dans le rythme lent, l'atmosphère, et ce Paris très cinématographique, davantage décor mental que ville réellement vécue.

Le personnage principal m'a rappelé le père dans Six Feet Under : pas vide, mais refermé, comme déjà en retrait du vivant. Une présence dense, sans véritable possibilité de transformation.

Le dessin joue énormément sur la nuit, la pluie et les lumières artificielles, renforçant cette impression de distance. Certaines planches fonctionnent presque comme des arrêts sur image, davantage destinés à être contemplés qu'à faire progresser un récit.

Une fable sombre et ironique, sans morale explicite, qui laisse le lecteur libre — et parfois un peu démuni — face à ce qu'elle montre.

12 févr. 2026

Alva dans la nuit

Aksel Studsgarth & Daniel Hansen • Glénat, 2023

⭐⭐⭐☆☆
Atmosphérique. Elliptique. Cinématographique.

Une œuvre hybride et ambitieuse qui mêle mythologie nordique, thriller fantastique et influences cinématographiques. Si la narration laisse volontairement certaines zones d'ombre, la puissance visuelle de l'ensemble et son univers singulier continuent à résonner longtemps après la lecture.

Ma rencontre avec Alva dans la nuit

Alva est une jeune voleuse acrobate qui survit en travaillant pour de petits criminels. Lors d'un cambriolage, elle libère accidentellement un être surnaturel ancien, ce qui déclenche une fuite en avant faite de poursuites, de morts, de sociétés secrètes et de rencontres avec des créatures issues d'un imaginaire mythologique nordique.

Les dessins sont souvent superbes, avec de vrais moments de silence, de paysages et de respiration. Certaines images restent longtemps en tête.

À la première lecture, je suis toutefois restée à distance des personnages : je les sens exister, mais sans m'y attacher vraiment. La narration est très elliptique et laisse volontairement des zones sans clé, ce qui peut désorienter.

Après coup, en écoutant le dessinateur parler de leur démarche, j'ai mieux compris le projet : une œuvre volontairement hybride, mêlant visages et anatomie franco-belges, ambiance nordique (hiver, neige, obscurité), mise en page et rythme inspirés des comics américains (Frank Miller, Mazzucchelli, Eisner), avec aussi une attention au « japanese spacing » pour laisser respirer les pages. Les auteurs viennent du cinéma, et cela se sent dans la construction très visuelle et cinématographique.

Comprendre ces influences éclaire les variations graphiques que j'avais perçues sans toujours en saisir la logique.

Ce n'est donc pas un rejet, mais une lecture qui demande à décanter. Je pense relire ce livre dans quelque temps, avec ces clés en tête.

28 janv. 2026

Hoka Hey !

Neyef • Rue de Sèvres, 2022

⭐⭐⭐⭐⭐
Puissant. Humaniste. Inoubliable.

Un récit d'une immense richesse humaine et narrative, porté par des personnages profondément incarnés et des paysages qui deviennent eux-mêmes des acteurs de l'histoire. Une lecture marquante qui interroge la transmission, l'identité et l'appartenance sans jamais céder à la facilité.

Ma rencontre avec Hoka Hey !

Hoka Hey ! est une BD que j'ai trouvée magnifique et profondément marquante.

Le récit est d'une grande justesse, sans didactisme ni morale plaquée. Les personnages sont complexes, jamais caricaturaux, et les trajectoires humaines sont racontées avec une vraie profondeur. Rien n'est simplifié, rien n'est expliqué à la place du lecteur.

Les dessins sont bouleversants, en particulier dans la manière dont les grands espaces et la nature sont représentés. Ils ne servent pas de décor, mais portent le récit et les histoires qui s'y inscrivent.

La dimension historique et humaine, notamment autour des peuples amérindiens, apporte une épaisseur rare : on y parle de transmission, de manipulation, de déracinement et de la difficulté de retrouver ses origines.

Je ne saurais pas dire exactement pourquoi cette lecture a résonné aussi fort en moi — peut-être le moment, peut-être la place accordée à la nature et aux histoires humaines. Mais c'est une BD qui m'a profondément touchée et qui restera longtemps avec moi.

26 janv. 2026

Moon River

Fabcaro • 6 Pieds sous Terre, 2021

★★★½☆
Absurde. Libérateur. Réconfortant.

Sous ses airs de polar absurde et complètement déjanté, Moon River rappelle avec beaucoup d'humour que nous passons une bonne partie de notre temps à nous compliquer l'existence. Une lecture légère, salutaire et étonnamment apaisante.

Ma rencontre avec Moon River

Une BD absurde, un peu nonsense, parfois déroutante.

Et justement : elle me rappelle qu'on se prend souvent beaucoup trop au sérieux. Qu'on n'a pas besoin d'être brillant, cohérent ou performant tout le temps.

On peut être bancal, imparfait, contradictoire même... et ça va.

Celle-ci ne m'a pas frappée : elle m'a soulagée.

La Force de Vivre

Laurent Astier • Rue de Sèvres, 2025

⭐⭐⭐✩☆
Humaniste. Lumineux. Essentiel.

Une bande dessinée profondément humaine qui trouve sa force dans la simplicité de son regard. Sans chercher l'exploit ni le mélodrame, Laurent Astier célèbre les liens, l'amitié et ces existences ordinaires qui laissent pourtant une empreinte durable.

Ma rencontre avec La Force de vivre

Une BD toute en douceur, qui rappelle qu'une vie n'a pas besoin d'être spectaculaire pour compter.

Cyril marque moins par ce qu'il accomplit que par ce qu'il est. Sa présence, ses liens avec les autres et les amitiés qu'il tisse donnent au récit une authenticité touchante.

En refermant le livre, je ne savais pas vraiment ce que cette lecture m'avait apporté. Ce n'était ni un choc, ni un coup de cœur immédiat. Et pourtant quelque chose continuait à résonner discrètement.

Puis j'ai compris : cette bande dessinée remet simplement l'essentiel à sa place.

25 mai 2015

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Joël Dicker • De Fallois, 2012

⭐⭐⭐☆☆
Captivant. Addictif. Manipulateur.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert
Un roman impossible à lâcher. Joël Dicker maîtrise l'art du suspense et multiplie les rebondissements avec une redoutable efficacité. Derrière le plaisir de lecture se cache pourtant un récit dont la profondeur et la crédibilité peinent parfois à convaincre.

Ma rencontre avec Harry Quebert

En visite à Genève, une amie chère à mon cœur me conseille vivement de découvrir La vérité sur l'affaire Harry Quebert, écrit par un jeune auteur genevois. Quelques jours plus tard, le roman croise à nouveau ma route lors d'une visite au Cook & Book à Bruxelles. La personne qui m'accompagne m'en parle à son tour avec enthousiasme.

Je résiste pourtant. Jusqu'au moment où la règle du « jamais deux sans trois » finit par l'emporter. Quelle meilleure publicité que le bouche-à-oreille des lecteurs satisfaits ?

Analyse après lecture

Non didjou, qu'est-ce que c'est bien ficelé ! Dès les premières pages, mon attention fut littéralement happée. Pendant trois jours, je n'ai pensé qu'à retrouver les quelque 800 pages du roman pour poursuivre ma quête de la vérité sur l'affaire Harry Quebert.

Joël Dicker possède un véritable talent pour captiver son lecteur. Son intrigue est construite avec une efficacité remarquable et les révélations s'enchaînent à un rythme soutenu.

Pourtant, une fois le livre refermé et l'esprit libéré de cette mécanique implacable, un léger sentiment de frustration s'est installé. J'ai eu l'impression d'avoir été quelque peu bernée par une construction de récit extrêmement habile mais parfois artificielle.

La relation entre Harry et Nola m'a rarement semblé crédible. Celle entre Marcus et sa mère m'a parfois paru caricaturale. Certains passages sont répétés presque mot pour mot alors que le roman compte déjà près de huit cents pages. Au fil de la lecture, l'espoir de découvrir une véritable profondeur psychologique s'étiole quelque peu.

Et pourtant, impossible de décrocher. Dicker se joue de son lecteur avec une malice réjouissante. Le choix du point de vue narratif, alternant entre Marcus et une narration plus omnisciente, dynamise constamment le récit. Les découvertes de notre enquêteur en herbe provoquent régulièrement cette petite joie enfantine propre aux romans à suspense réussis.

Au final, les réserves que l'on peut formuler pèsent peu face au plaisir de lecture procuré par l'ensemble. Ce n'est peut-être pas un roman profondément marquant sur le fond, mais c'est un formidable page-turner. Et pour cette raison, je le recommande malgré tout.

13 mai 2015

Demain j'arrête

Gilles Legardinier • Fleuve Éditions, 2011

⭐⭐⭐⭐☆
Drôle. Tendre. Réconfortant.

Demain j'arrête !
Une lecture pleine de fraîcheur et de bonne humeur. Gilles Legardinier conjugue sens de l'intrigue, humour et personnages attachants dans un roman qui fait du bien sans prétendre réinventer le monde.

Ma rencontre avec Julie

Une pharyngite a parfois du bon. Quelques jours de repos forcé m'ont permis de faire la connaissance de Julie et de passer près de quatre cents pages en sa compagnie.

Sourire, résignation, excitation, tendresse, réconfort, tension... le temps a filé sans que je m'en aperçoive. Une lecture idéale lorsque l'on cherche légèreté, détente et fraîcheur. Si vous êtes en quête d'une grande réflexion philosophique, mieux vaut cependant chercher ailleurs.

Analyse après lecture

Auteur de polars à l'origine, Gilles Legardinier possède un véritable sens de l'intrigue. Mais il est également doté d'un humour communicatif qui rend la lecture particulièrement agréable.

Julie est une héroïne touchante, un peu maladroite mais profondément attachante. Les personnages qui gravitent autour d'elle ne laissent pas indifférent : on les aime ou on les déteste, mais ils existent.

J'ai particulièrement apprécié les nombreux « comme disait ma grand-mère » semés au fil du récit. Ils rappellent l'importance de la transmission et cette façon qu'ont certains êtres de continuer à vivre longtemps dans le cœur de ceux qu'ils ont aimés.

Le procédé qui consiste à faire apparaître les pensées réelles de Julie avant ce qu'elle exprime à voix haute fonctionne très bien. Le décalage entre pensée et parole provoque souvent le sourire.

Ma seule réserve concerne le dénouement de la relation entre Julie et Ric, traité un peu rapidement alors que d'autres passages auraient gagné à être davantage resserrés.

Cela n'empêche pas le roman de laisser une impression très positive. Les remerciements en fin d'ouvrage débordent d'une générosité sincère qui prolonge agréablement l'expérience de lecture.

Extrait

« On gagnerait peut-être à célébrer nos ratages... Plus de podium, plus de fausse gloire, simplement le bonheur d'être vivants, côte à côte. On a probablement plus de regrets que de fiertés à partager. »

22 janv. 2015

Borgia, Comédie Contemporaine


Ce jeudi 15 janvier à Louvain-la-Neuve, après L’école des ventriloques et Trois veilles, la Cie Point Zéro lève le rideau pour la première de Borgia, comédie contemporaine.

Écrite par Thomas Gunzig, Borgia aborde de manière inédite le thème pourtant sempiternel de la famille. Ce spectacle surprenant s’articule autour d’un récit conté par une grand-mère à sa petite fille, incarnées par des marionnettes aux traits remarquablement expressifs. Tantôt drôle, tantôt émouvante, tantôt angoissante, cette pièce dynamique se distingue par une mise en scène étonnante. En effet, des images fortes ne manquent pas de marquer l’esprit et de créer des émotions à force égale. Entre réalité et surréalisme, Borgia offre un regard singulier, empreint d’une belle poésie sur la famille.

Veillez cependant à réserver vos places dans le parterre, au risque de passer à côté de la mise en scène formidable de Jean-Michel d’Hoop. Il promettait un conte onirique ébouriffant. Pari tenu !

Ne manquez donc pas Borgia,du 15 au 28 janvier au Théâtre Jean Vilar, le 25 février au Centre Culturel de Nivelles et du 5 mars au 4 avril au Théâtre du Parc.

Bon moment garanti !

7 janv. 2015

Charlie Hebdo, dans mes entrailles l'indignation s'agite

Commentaire de juillet 2026

J'avais écrit ce texte dans les heures qui ont suivi les attentats contre Charlie Hebdo. Je ne l'ai jamais publié. En le relisant aujourd'hui, je comprends pourquoi : à force de vouloir traduire ma colère, j'ai parfois cherché les effets de style au lieu de faire confiance à l'émotion. J'ai pourtant choisi de le laisser tel quel. Il raconte autant ce qui s'est passé ce jour-là que la jeune femme qui cherchait encore sa voix.

Je le publie aujourd'hui comme le témoignage d'un instant de sidération et d'indignation. Les mots qu'il contient sont ceux de la colère face aux auteurs des attentats et à l'idéologie extrémiste qui les animait ; ils ne visent en aucun cas les croyants dans leur ensemble. Plutôt que de le réécrire avec le regard que j'ai aujourd'hui, j'ai préféré l'assumer comme la trace sincère d'un moment de ma vie et d'une étape de mon écriture.

7 janvier 2015

Ineffable infamie matée sur le net.
Rho non de Dieu putain d'barbares, ça m’débecquette !
Reportages et interviews défient.
A eu bien lieu l'exécution d’la rédac de Charlie.

Des clowns inoffensifs aux cieux.
Quoi qu’bien loin de vous, martyres d’mes deux !
Dans mes entrailles l’indignation s’agite.
Dream team Charb, Cabu, Wolinski, non-contrite !

Bête et méchant, ta foutue fatwa d’intégriste.
Gisant par terre à leur côté #JeSuisCharlie #JeSuisPolicier.
Puis, #JeSuisJuif #JeSuisGaza #JeSuisMexicain #JeSuisNigérian et #JeSuisSyrien.

Va donc au diable toi l’ivrogne, l'hydre, l’assoiffée.
Toi la gerbante, la crevarde ! L'abjecte haine de dégonflé !

Une laïque parmi les autres.


29 déc. 2014

Demain est un autre jour

Lori Nelson Spielman • Cherche Midi, 2013

★★★★☆
Réconfortant. Attachant. Inspirant.

Demain est un autre jour
Un roman plein de bons sentiments qui aurait pu sombrer dans la mièvrerie. Pourtant, grâce à un personnage attachant et à une idée de départ séduisante, il parvient à toucher juste et à nous faire réfléchir à nos rêves oubliés.

Ma rencontre avec Brett

À l'approche des fêtes, je flâne dans les rayons de la Fnac à la recherche d'un livre susceptible de faire du bien. Les excellents avis des lecteurs m'intriguent. Pour être certaine de ne pas me tromper dans le choix du cadeau, je décide de le lire avant de l'offrir.

L'arrière de couverture promet un moment agréable. La promesse sera tenue.

L'histoire

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense hériter d'une partie de l'empire familial. À la place, elle reçoit une vieille liste rédigée à quatorze ans : celle des rêves qu'elle espérait accomplir au cours de sa vie.

Pour toucher son héritage, elle devra réaliser ces objectifs oubliés en une année. Mais les aspirations de l'adolescente qu'elle était semblent désormais bien éloignées de la femme qu'elle est devenue.

Analyse après lecture

Eh bien, ce n'est pas loupé ! Malgré ses 457 pages, j'ai dévoré ce roman en deux gorgées : un soir et le lendemain matin.

La plume de Lori Nelson Spielman est d'une grande fluidité. La lecture avance presque toute seule et l'on se laisse rapidement entraîner par le parcours initiatique de Brett.

J'ai longtemps craint de tomber dans une sorte de Bridget Jones excessivement mièvre. Cette impression s'estompe cependant au fil des pages. Malgré son côté indéniablement « conte de fées moderne » et parfois moralisateur, le roman reste attachant et relativement original.

Je n'irai toutefois pas jusqu'à parler de grande profondeur. L'ensemble laisse surtout une sensation douce et réconfortante, comme un film chaleureux, un peu guimauve et largement prévisible.

Mais c'est précisément là que réside son charme. Une fois le livre refermé, je me suis surprise à réfléchir à mes propres rêves de jeunesse et aux chemins empruntés depuis. Je ne suis pas allée ressortir mes anciennes listes. Mais l'envie était là.

Et finalement, peu de livres parviennent à provoquer cela.

24 déc. 2014

" Intimotango " - La compagnie Otango célèbre ses dix ans.



La compagnie Otango, dirigée par Olivier Tilkin, célèbre ses 10 ans d’existence avec leur nouvelle création Intimotango. La première mondiale s'est déroulée au W:Halll ce samedi 20 décembre. 

Dés les premières minutesmon émerveillement surpasse mes attentes. Cette production captivante va bien au-delà de la simple démonstration de tango. Une succession de tableaux éveillent un éventail large d’émotions. Les unes, vives, presque lancinantes; les autres, languissantes. Tant d'intensité est notamment rendue possible grâce à la virtuosité des artistes de la troupe. Crescendo, le cœur du spectateur s'envole au rythme d'un envoûtement musical sans pareil. Son âme virevolte au gré des pas des tangueros. Le tout est sublimé par le mariage de deux voix chaudes et sensuelles : celle du baryton Jose Luis Barreto, considérée comme l'une des plus belle du monde du tango, et celle de Claudia Pannone, chanteuse de Gothan Project entre 2010 et 2012. Quel doux bonheur de voir sa propre humanité s'exaltée, entraînée par ce tango intime et profond.
Avec ces quelques lignes, j'espère rendre justice à cette admirable création. À dire vrai, je suis comblée d’avoir assisté à de tels petits moments d’éternité, pour reprendre les mots qui titrent un article du SoirPuisse cette chronique vous encourager à vous rendre à ce spectacle afin d’être ensorcelés à votre tour.

Intimotango de la compagnie Otango est joué à Bruxelles du 20 décembre au 6 janvier et arrivera à Namur le 10 janvier, pour l’unique date wallonne avant la tournée 2016.

30 nov. 2014

Évolène, de la légende à la réalité

 
Andrée Fauchère, 2014
★★☆☆
Dépaysant. Déroutant. Documenté.

Présentation de l'éditeur

De tous temps, la montagne, présence immuable dans sa magnificence et sa majesté, a attiré à elle marcheurs et alpinistes. Entre terre et ciel, elle inspire également les esprits les plus divers face à l’œuvre de la Nature. Au cours des derniers siècles, le nombre d’habitants n’a guère fluctué en Pays d’Evolène. Toujours ils n’ont eu qu’un seul désir : vivre dans ces hauts lieux de paix et de soleil. Avec les moyens de communication d’aujourd’hui, travailler en plaine n’est pas compliqué. Mais, pour le montagnard, y résider n’est pas concevable. Entendre bondir le torrent, respirer l’air cristallin des cimes, se fondre dans la paix de la nuit, se retrouver. Ce sont là joies pures et authentiques qui devraient donner aux jeunes de l’an 2014 l’envie et la volonté de retourner vers la montagne. Durant des années, c’est avec délice que je me suis penchée sur les innombrables récits des Annales valaisannes. Dès que mes occupations m’en laissaient le loisir, j’ai exploré les documents qui dorment dans les tiroirs bien rangés de la Médiathèque Valais. Mon souhait était de partager avec les habitants du Pays d’Evolène ces pépites d’archives, qui m’ont révélé d’où venaient les montagnards, comment et pourquoi ils avaient choisi le naturel et la simplicité d’une existence en altitude.

Pour son trentième ouvrage, Andrée Fauchère tourne son regard vers le passé et nous emmène aux environs de 5 000 ans av. J.-C., à la rencontre des chasseurs-cueilleurs qui parcouraient nos montagnes et séjournaient dans des abris sous-roche, avant qu’ils ne deviennent les premiers agro-pasteurs à s’installer en Pays d’Evolène.

Ma rencontre avec Évolène

Évolène, de la légende à la réalité arrive par la poste un jour d’hiver. Remarquable édition. Clichés époustouflants. La présentation du livre séduit, promesse d’une belle rencontre. Je ne tarde donc pas à me glisser sous la couette, parée à explorer cette contrée valaisanne. À mesure que les lignes défilent, mon enthousiasme s’estompe. Tromperie pensé-je. Prise dans le filet d’un agencement flou, je m’empêtre en terre d’Évolène. Les nombreuses évocations d’endroits étrangers ne manquent pas de m’embourber davantage. Une carte aurait sans doute constitué un allié de choix pour retrouver mon chemin dans le Valais. Serait-ce un ouvrage destiné exclusivement à un lectorat local ? Autant dire que j’ai presque envie d’abandonner. Or l’idée qu’une amoureuse du canton puisse lui réserver un si triste sort me paraît inconcevable. Je décide alors de googler Andrée Fauchère. Quel réconfort de rencontrer un personnage digne d’intérêt. La rebelle des montagnes, comme l’a surnommée un journaliste, a connu une vie riche et mouvementée. Fin des années 70, des problèmes de santé l’ont amenée à troquer spéléologie, parachutisme, ski et sommets pour l’écriture. Aujourd’hui, elle est l’auteur de 30 livres dont plusieurs sur la région. Évolène, de la légende à la réalité serait-elle la publication de trop ? Peut-être pas… En effet, une fois le chapitre sur les légendes atteint, le récit devient lumineux à l’instar du Pays d’Evolène. Le voyage commence alors, comme il avait été annoncé par l’auteur en début d’ouvrage : […] Il y a bien longtemps, aux premiers jours de la nouvelle Terre […] . Enfin, je suis prise de plaisir à imaginer l’auteur plongée dans les archives de cette médiathèque du Val d’Hérens. Je quitte finalement le Valais avec l’envie de découvrir Andrée Fauchère à travers d’autres lectures.

6 nov. 2014

Neige

Maxence Fermine • Points, 1999

★★★☆☆
Apaisant. Épuré. Onirique.

Neige de Maxence Fermine
Un conte léger comme un flocon. Peu d'action, beaucoup de silence, une écriture qui suggère plus qu'elle ne démontre. Une lecture qui laisse davantage une sensation qu'un souvenir précis.

Ma rencontre avec Neige

Lors d'une matinée d'écriture consacrée au haïku à l'abbaye d'Hurtebise, le roman Neige de Maxence Fermine est revenu à plusieurs reprises dans les conversations.

Calepin à la main, les sens en éveil, nous avons parcouru les bois avoisinants en tentant de saisir quelques instants fugitifs sous la forme de ces petits poèmes japonais de dix-sept syllabes.

Cette expérience m'avait profondément apaisée. La lecture de Neige allait prolonger ce sentiment.

Lecture de Neige

Confortablement installées sous la couette, ma sœur et moi avons lu tour à tour les chapitres de ce court roman.

Très vite s'est imposée une sensation étrange : le vide.

Je ne parvenais pas à déterminer s'il m'ennuyait ou me charmait. Sans doute parce que le récit met en scène un rapport au monde aux antipodes de notre agitation occidentale : un quotidien contemplatif, épuré, presque immobile.

Le texte avance avec lenteur. La prose demeure simple tandis qu'une poésie discrète se glisse entre les lignes. L'auteur suggère davantage qu'il ne raconte.

Et pourtant, derrière cette apparente légèreté, une véritable philosophie affleure.

Une fois le livre refermé, je me suis surprise à murmurer un simple « mouais » avant de ressentir une profonde sensation d'apaisement. Je me suis endormie avec derrière les paupières une étrange fresque zen en suspension.

Rencontre avec Maxence Fermine

Né à Paris en 1968, Maxence Fermine a notamment travaillé en Afrique avant de s'installer en Haute-Savoie.

Lors de présentations publiques de son œuvre, l'auteur a pris soin de préciser qu'il ne connaissait pas particulièrement le Japon ni sa littérature, malgré l'omniprésence de cet univers dans Neige.

Un extrait

Yuko Akita avait deux passions.
Le haïku.
Et la neige.

Le haïku est un genre littéraire japonais. Il s'agit d'un court poème composé de trois vers et de dix-sept syllabes. Pas une de plus.

La neige est un poème.
* Merci à Monsieur Marcipont de m'avoir fait découvrir l'univers du haïku à travers le roman Lucht de Bart Koubaa pendant mes études de traduction.

5 nov. 2014

Sur l'épaule de la nuit

David Lelait-Helo • Pocket, 2013

★★★★☆
Doux. Mélodieux. Touchant.

Sur l'épaule de la nuit
Un roman porté par la tendresse et la mémoire. Une histoire simple qui parle d'amour, de vieillesse, de transmission et de ces vies invisibles que l'on oublie parfois derrière les rides.

Pourquoi ce livre ?

Après le choc émotionnel provoqué par Poussière d'homme, je me suis précipitée sur ce deuxième roman de David Lelait-Helo avec beaucoup d'attentes.

L'auteur m'avait profondément touchée par sa capacité à parler de l'absence, de l'amour et de la fragilité humaine. J'avais envie de retrouver cette voix.

Lecture de Sur l'épaule de la nuit

Le point de départ est délicieux. Un enfant prend une vieille dame silencieuse pour une fée. Cette méprise fait naître une complicité inattendue avec cette centenaire prisonnière d'un corps que la vieillesse et la maladie ont rendu presque immobile.

Oubliée de la mort, elle revisite une histoire d'amour née dans les années troublées de la guerre. Un instant bref, mais suffisamment puissant pour marquer toute une existence.

Le roman devient alors un témoignage sur la vieillesse, la mémoire, les liens familiaux et le droit à une fin de vie digne.

On y retrouve également de nombreuses fables et récits transmis de génération en génération. Cet aspect m'a particulièrement touchée. Les histoires circulent, passent d'une voix à l'autre, d'un cœur à l'autre, et continuent ainsi à vivre.

Mon ressenti

J'ai sans doute abordé ce roman avec trop d'attentes.

Je n'ai pas retrouvé l'intensité émotionnelle ni le bouleversement qu'avait provoqué chez moi Poussière d'homme. Ce dernier me touchait au plus profond parce qu'il parlait de la disparition d'un être aimé, de cette maladie qui semble toujours n'arriver qu'aux autres.

Ici, malgré la beauté du thème et la douceur de l'écriture, le récit m'a moins saisie aux tripes.

Pour autant, je n'ai aucune critique véritable à formuler contre ce livre. L'écriture de David Lelait-Helo conserve cette musicalité discrète qui invite à ralentir et à observer les êtres avec davantage de délicatesse.

Verdict de ce second rendez-vous : j'aime profondément le style simple, fluide et sensible de David Lelait-Helo. Derrière ses récits se cache un regard particulièrement juste sur les êtres humains et leurs fragilités.

Extraits

« La photographie est une chose faramineuse, la trace magique d'un instant en apesanteur. Avant elle, comment les hommes se persuadaient-ils de n'avoir pas rêvé leur passé ou les contours des visages aimés que la mort avait emportés depuis ? »
« Nos amours et souvenirs ensevelis laissent sur la peau des frissons, comme les ricochets tracent des ronds sur la rivière. Nos vies sont des cercles qui roulent, tourbillonnent, dessinent des boucles. Et un jour, enfin, après que nous avons eu le tournis, la boucle est bouclée. »
* Claquemurer : un mot rencontré à plusieurs reprises chez David Lelait-Helo et qui m'interpelle toujours. Comme si l'auteur connaissait intimement ce sentiment d'enfermement qu'il évoque si souvent.
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