25 mai 2015

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Joël Dicker • De Fallois, 2012

⭐⭐⭐☆☆
Captivant. Addictif. Manipulateur.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert
Un roman impossible à lâcher. Joël Dicker maîtrise l'art du suspense et multiplie les rebondissements avec une redoutable efficacité. Derrière le plaisir de lecture se cache pourtant un récit dont la profondeur et la crédibilité peinent parfois à convaincre.

Ma rencontre avec Harry Quebert

En visite à Genève, une amie chère à mon cœur me conseille vivement de découvrir La vérité sur l'affaire Harry Quebert, écrit par un jeune auteur genevois. Quelques jours plus tard, le roman croise à nouveau ma route lors d'une visite au Cook & Book à Bruxelles. La personne qui m'accompagne m'en parle à son tour avec enthousiasme.

Je résiste pourtant. Jusqu'au moment où la règle du « jamais deux sans trois » finit par l'emporter. Quelle meilleure publicité que le bouche-à-oreille des lecteurs satisfaits ?

Analyse après lecture

Non didjou, qu'est-ce que c'est bien ficelé ! Dès les premières pages, mon attention fut littéralement happée. Pendant trois jours, je n'ai pensé qu'à retrouver les quelque 800 pages du roman pour poursuivre ma quête de la vérité sur l'affaire Harry Quebert.

Joël Dicker possède un véritable talent pour captiver son lecteur. Son intrigue est construite avec une efficacité remarquable et les révélations s'enchaînent à un rythme soutenu.

Pourtant, une fois le livre refermé et l'esprit libéré de cette mécanique implacable, un léger sentiment de frustration s'est installé. J'ai eu l'impression d'avoir été quelque peu bernée par une construction de récit extrêmement habile mais parfois artificielle.

La relation entre Harry et Nola m'a rarement semblé crédible. Celle entre Marcus et sa mère m'a parfois paru caricaturale. Certains passages sont répétés presque mot pour mot alors que le roman compte déjà près de huit cents pages. Au fil de la lecture, l'espoir de découvrir une véritable profondeur psychologique s'étiole quelque peu.

Et pourtant, impossible de décrocher. Dicker se joue de son lecteur avec une malice réjouissante. Le choix du point de vue narratif, alternant entre Marcus et une narration plus omnisciente, dynamise constamment le récit. Les découvertes de notre enquêteur en herbe provoquent régulièrement cette petite joie enfantine propre aux romans à suspense réussis.

Au final, les réserves que l'on peut formuler pèsent peu face au plaisir de lecture procuré par l'ensemble. Ce n'est peut-être pas un roman profondément marquant sur le fond, mais c'est un formidable page-turner. Et pour cette raison, je le recommande malgré tout.