13 févr. 2026

Nettoyage à sec

Joris Mertens • Rue de Sèvres, 2019

⭐⭐⭐⭐☆
Nocturne. Mélancolique. Cinématographique.

Une déambulation urbaine lente et contemplative portée par une atmosphère remarquable. Plus qu'une histoire, Nettoyage à sec propose une expérience sensorielle où la nuit, la pluie et la solitude deviennent les véritables personnages du récit.

Ma rencontre avec Nettoyage à sec

Nettoyage à sec ne raconte pas vraiment une histoire : on accompagne un homme dans une ville nocturne et pluvieuse, entre silences, gestes répétés et solitude.

L'auteur flamand Joris Mertens revendique une inspiration du film noir français des années 70, notamment Le Cercle Rouge, et cela se ressent dans le rythme lent, l'atmosphère, et ce Paris très cinématographique, davantage décor mental que ville réellement vécue.

Le personnage principal m'a rappelé le père dans Six Feet Under : pas vide, mais refermé, comme déjà en retrait du vivant. Une présence dense, sans véritable possibilité de transformation.

Le dessin joue énormément sur la nuit, la pluie et les lumières artificielles, renforçant cette impression de distance. Certaines planches fonctionnent presque comme des arrêts sur image, davantage destinés à être contemplés qu'à faire progresser un récit.

Une fable sombre et ironique, sans morale explicite, qui laisse le lecteur libre — et parfois un peu démuni — face à ce qu'elle montre.