12 févr. 2026

Alva dans la nuit

Aksel Studsgarth & Daniel Hansen • Glénat, 2023

⭐⭐⭐☆☆
Atmosphérique. Elliptique. Cinématographique.

Une œuvre hybride et ambitieuse qui mêle mythologie nordique, thriller fantastique et influences cinématographiques. Si la narration laisse volontairement certaines zones d'ombre, la puissance visuelle de l'ensemble et son univers singulier continuent à résonner longtemps après la lecture.

Ma rencontre avec Alva dans la nuit

Alva est une jeune voleuse acrobate qui survit en travaillant pour de petits criminels. Lors d'un cambriolage, elle libère accidentellement un être surnaturel ancien, ce qui déclenche une fuite en avant faite de poursuites, de morts, de sociétés secrètes et de rencontres avec des créatures issues d'un imaginaire mythologique nordique.

Les dessins sont souvent superbes, avec de vrais moments de silence, de paysages et de respiration. Certaines images restent longtemps en tête.

À la première lecture, je suis toutefois restée à distance des personnages : je les sens exister, mais sans m'y attacher vraiment. La narration est très elliptique et laisse volontairement des zones sans clé, ce qui peut désorienter.

Après coup, en écoutant le dessinateur parler de leur démarche, j'ai mieux compris le projet : une œuvre volontairement hybride, mêlant visages et anatomie franco-belges, ambiance nordique (hiver, neige, obscurité), mise en page et rythme inspirés des comics américains (Frank Miller, Mazzucchelli, Eisner), avec aussi une attention au « japanese spacing » pour laisser respirer les pages. Les auteurs viennent du cinéma, et cela se sent dans la construction très visuelle et cinématographique.

Comprendre ces influences éclaire les variations graphiques que j'avais perçues sans toujours en saisir la logique.

Ce n'est donc pas un rejet, mais une lecture qui demande à décanter. Je pense relire ce livre dans quelque temps, avec ces clés en tête.