6 nov. 2014

Neige

Maxence Fermine • Points, 1999

★★★☆☆
Apaisant. Épuré. Onirique.

Neige de Maxence Fermine
Un conte léger comme un flocon. Peu d'action, beaucoup de silence, une écriture qui suggère plus qu'elle ne démontre. Une lecture qui laisse davantage une sensation qu'un souvenir précis.

Ma rencontre avec Neige

Lors d'une matinée d'écriture consacrée au haïku à l'abbaye d'Hurtebise, le roman Neige de Maxence Fermine est revenu à plusieurs reprises dans les conversations.

Calepin à la main, les sens en éveil, nous avons parcouru les bois avoisinants en tentant de saisir quelques instants fugitifs sous la forme de ces petits poèmes japonais de dix-sept syllabes.

Cette expérience m'avait profondément apaisée. La lecture de Neige allait prolonger ce sentiment.

Lecture de Neige

Confortablement installées sous la couette, ma sœur et moi avons lu tour à tour les chapitres de ce court roman.

Très vite s'est imposée une sensation étrange : le vide.

Je ne parvenais pas à déterminer s'il m'ennuyait ou me charmait. Sans doute parce que le récit met en scène un rapport au monde aux antipodes de notre agitation occidentale : un quotidien contemplatif, épuré, presque immobile.

Le texte avance avec lenteur. La prose demeure simple tandis qu'une poésie discrète se glisse entre les lignes. L'auteur suggère davantage qu'il ne raconte.

Et pourtant, derrière cette apparente légèreté, une véritable philosophie affleure.

Une fois le livre refermé, je me suis surprise à murmurer un simple « mouais » avant de ressentir une profonde sensation d'apaisement. Je me suis endormie avec derrière les paupières une étrange fresque zen en suspension.

Rencontre avec Maxence Fermine

Né à Paris en 1968, Maxence Fermine a notamment travaillé en Afrique avant de s'installer en Haute-Savoie.

Lors de présentations publiques de son œuvre, l'auteur a pris soin de préciser qu'il ne connaissait pas particulièrement le Japon ni sa littérature, malgré l'omniprésence de cet univers dans Neige.

Un extrait

Yuko Akita avait deux passions.
Le haïku.
Et la neige.

Le haïku est un genre littéraire japonais. Il s'agit d'un court poème composé de trois vers et de dix-sept syllabes. Pas une de plus.

La neige est un poème.
* Merci à Monsieur Marcipont de m'avoir fait découvrir l'univers du haïku à travers le roman Lucht de Bart Koubaa pendant mes études de traduction.