David Lelait-Helo • Pocket, 2013
★★★★☆
Doux. Mélodieux. Touchant.
Un roman porté par la tendresse et la mémoire. Une histoire simple qui parle
d'amour, de vieillesse, de transmission et de ces vies invisibles que l'on
oublie parfois derrière les rides.
Pourquoi ce livre ?
Après le choc émotionnel provoqué par Poussière d'homme, je me suis
précipitée sur ce deuxième roman de David Lelait-Helo avec beaucoup
d'attentes.
L'auteur m'avait profondément touchée par sa capacité à parler de l'absence,
de l'amour et de la fragilité humaine. J'avais envie de retrouver cette voix.
Lecture de Sur l'épaule de la nuit
Le point de départ est délicieux. Un enfant prend une vieille dame silencieuse
pour une fée. Cette méprise fait naître une complicité inattendue avec cette
centenaire prisonnière d'un corps que la vieillesse et la maladie ont rendu
presque immobile.
Oubliée de la mort, elle revisite une histoire d'amour née dans les années
troublées de la guerre. Un instant bref, mais suffisamment puissant pour
marquer toute une existence.
Le roman devient alors un témoignage sur la vieillesse, la mémoire, les liens
familiaux et le droit à une fin de vie digne.
On y retrouve également de nombreuses fables et récits transmis de génération
en génération. Cet aspect m'a particulièrement touchée. Les histoires
circulent, passent d'une voix à l'autre, d'un cœur à l'autre, et continuent
ainsi à vivre.
Mon ressenti
J'ai sans doute abordé ce roman avec trop d'attentes.
Je n'ai pas retrouvé l'intensité émotionnelle ni le bouleversement qu'avait
provoqué chez moi Poussière d'homme. Ce dernier me touchait au plus
profond parce qu'il parlait de la disparition d'un être aimé, de cette maladie
qui semble toujours n'arriver qu'aux autres.
Ici, malgré la beauté du thème et la douceur de l'écriture, le récit m'a moins
saisie aux tripes.
Pour autant, je n'ai aucune critique véritable à formuler contre ce livre.
L'écriture de David Lelait-Helo conserve cette musicalité discrète qui invite
à ralentir et à observer les êtres avec davantage de délicatesse.
Verdict de ce second rendez-vous : j'aime profondément le style simple, fluide
et sensible de David Lelait-Helo. Derrière ses récits se cache un regard
particulièrement juste sur les êtres humains et leurs fragilités.
Extraits
« La photographie est une chose faramineuse, la trace magique d'un instant en
apesanteur. Avant elle, comment les hommes se persuadaient-ils de n'avoir pas
rêvé leur passé ou les contours des visages aimés que la mort avait emportés
depuis ? »
« Nos amours et souvenirs ensevelis laissent sur la peau des frissons, comme
les ricochets tracent des ronds sur la rivière. Nos vies sont des cercles qui
roulent, tourbillonnent, dessinent des boucles. Et un jour, enfin, après que
nous avons eu le tournis, la boucle est bouclée. »
* Claquemurer : un mot rencontré à plusieurs reprises chez David Lelait-Helo
et qui m'interpelle toujours. Comme si l'auteur connaissait intimement ce
sentiment d'enfermement qu'il évoque si souvent.
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